"L'espoir fait vivre." "Tant qu'il y'a de la vie, il y'a de l'espoir."

J'appelle à la barre ceux qui ont formulé ces assertions. Si je suis bien d'accord que le fait d'avoir un but, quelque chose en quoi espérer donne un sens à la vie, je ne sais pas si ça aide à vivre. Je me demande si ça aide de vivre en attendant, comme si quelque chose vous était dû. Vivre d'espoir, parfois, c'est vivre d'utopie. Se lever chaque matin en feignant un visage heureux en se persuadant qu'on ne vit qu'une passade, en refusant de se résigner à la réalité. Le problème, c'est que la réalité d'aujourd'hui peut ne rien avoir avec la réalité de demain.... Et comment savoir ce qu'on est en droit d'espérer?
Chez moi, on demande d'accrocher son sac là où on peut le décrocher. En d'autres termes, il faut viser ce qu'on est capable de réaliser. Ils sont mignons à te dire d'avancer lorsque chacun de tes pas te ramènent 4 voir 5 pas en arrière, quand tu es plongé dans des sables mouvants sans possibilité de t'en sortir.
Je lis des textes (bibliques pour la plupart) et je me demande d'où ils ont tiré la joie dans l'espérance. Je me demande comment, pourquoi ils n'ont pas sombré dans la folie.
Plus je l'expérimente, plus je me demande si l'espoir ne tue pas. L'espoir vous fait rêver, emporte votre imagination, vous enthousiasme. L'espoir qui ne se réalise pas tue alors le rêve, accuse l'imagination de mentir, éteint l'enthousiasme.Que reste-t-il après l'espoir? Que reste-t-il quand on s'est résignés? Rien! Parce qu'on ne peut/veut se projeter. Pas de projet. Pas d'ambition. On est obligés d'espérer si on veut avancer, si on veut oser mettre un pied devant l'autre. On est condamnés à l'espoir. On est condamnés à apprendre et vivre sans cesse la déception. On est condamnés à s'accrocher à cette chose invisible qui nous promet que demain sera différent
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Oui, parce qu'à moins d'avoir abandonné toute idée du bonheur, on y pense (et pas que le matin, en se rasant).L'espoir fait vivre. Non. L'espoir donne des instants de vie joyeux qu'il choisit lui-même de tuer ou pas.
